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Tuesday, June 29, 2010

Belgium ratchets up the "ante"

Andre-Mutien Leonard Archbishop of Mechelen from Brussels receives the Pallum from Pope Benedict XVI (R) during the solemn mass at St Peter's basilica to celebrate the feast of Saint Peter and Saint Paul on June 29, 2010 at The Vatican.

 
While Andre-Mutien Leonard Archbishop of Mechelen from Brussels was receiving the pallium from Pope Benedict XVI, the Belgian Government reacted against the Pope`s recent letter to the Archbishop in which the Pope described the actions of the police in raiding a bishop`s meeting in Mechelen as "surprising and deplorable"


"Belgium and the Vatican are on a collision course after the Holy See accused the Belgian police of using communist tactics in their paedophilia raids on Catholic bishops last week. Belgium’s Foreign Minister told RNW that the Vatican should “react with balance” after its outspoken criticism of last week’s detention of senior clerics by the police.

Belgian police raided a bishop’s meeting in Mechelen near Brussels last Thursday amid fresh claims of child abuse by the Catholic Church. Investigators confiscated mobile phones, computers and also seized the computer files of a former cardinal.

The raids triggered an instant outcry from the Vatican, with the Vatican’s Secretary of State Cardinal Tarcisio Bertone calling the detentions “serious and unbelievable”. The Cardinal also accused investigators of holding the clerics for nine hours “without food and water” in methods “unprecedented even in communist regimes.”

The Belgian Foreign Minister, Steven Vanackere, underlined the Belgian judiciary’s independence from the Church and its freedom to investigate.

“It’s good to [keep in mind] very important principles of the state of law. [There are] very elementary principles of having a separation of powers and accepting that the judiciary has to do its work,” Mr Vanackere told RNW. “That’s crucial for every democratic state.”

“Deplorable methods”
The Brussels prosecutor’s office said the raid followed a string of accusations “denouncing abuse of minors committed by a certain number of Church figures.” Belgium’s Catholic Church has been in turmoil ever since April when a string of revelations of child abuse by its priests which saw 73-year old Roger Vangheluwe, its longest-serving bishop, resign after admitting to sexually abusing a boy for years.

On Sunday, the Pope wrote a message of support to Andre-Joseph Leonard, Archbishop of Mechelen and the head of the Belgian bishops’ conference, blasting the use of “deplorable methods”.

Mr Vanackere said he understood the concerns:

“It is perfectly normal that on diplomatic level explanations are asked…. but if it emerges that disproportionate measures were used, then it’s a problem for the Belgian judiciary not for the Vatican.”

Kris Peeters, the Minister-President of Flanders, the Dutch-speaking region where the Mechelen diocese is situated, added:

“I can understand that it’s a very emotional case, but we must be calm and wait for the explanations from the judges and investigating judges. It’s very important that should be a total investigation of the possible crimes committed and to… respect all the [parties] involved.”


His comments came just hours after the mass resignation of the Catholic Church-backed commission set up to probe hundreds of reported cases of abuses. The commission’s chief, Peter Andriaenssens, stood down owing, he said, to a breach of confidentiality.

“We are pulling out. The debate must now take place between victims, political leaders, the judiciary, the church and public opinion,” said Mr Andriaenssens.

Belgian Justice Minister Stefaan De Clerck said in a statement that urgent talks would be held to look into “the difficulties resulting from the treatment by the judicial system of facts brought to its knowledge by the Catholic Church commission.”


It now appears that the driving force behind the prosecutor’s investigation was a formal declaration from an unidentified witness who had warned the authorities that the church had held back documents from its own commission, which was first started in 2000. More than 475 complaints have been filed with the commission since April, when the bishop of Bruges, Roger Vangheluwe, resigned after admitting he had molested a boy.

It would appear that the witness has now been identified.

According to The New York Times:

"In the Flemish press in Belgium, Godelieve Halsberghe — the former head of the commission and a retired magistrate who resigned amid complaints that church officials were uncooperative — suggested that she may have prompted the spectacular searches ...

Ms. Halsberghe went to the prosecutor’s office, according to her interview with a local newspaper, after receiving a telephone call from a man who spoke to her in French and asked about the storage of the records before issuing a warning to beware — not only to guard the records, but to protect herself."


Readers might want to consult a blog published by Paris Match called Michel Bouffioux en ligne

In April 2010, there was a TV programme in Belgium (French language) on the scandal. In it there is a transcript of the interview with Ms. Halsberghe

Godelieve Halsberghe presided over the Commission set up by the Church to deal with complaints of sexual abuse by clergy for a period of ten years until April 2009 when she and the other members of the Commission resigned en bloc.

In that period she dealt with about 33 cases.

Her experiences on the Commission appear to have left her with a sense of injury. She says that as a result of her experiences she no longer goes to Church.

She stated to the TV Company in an interview (French)

"Vous êtes un acteur clé dans l'enquête que nous réalisons. Il serait tout de même très éclairant d'entendre votre version des faits !

(La réponse vient après plusieurs minutes de discussion) : Il est exact que pour moi, cela a été une immense déception d'avoir été confrontée à une église plus soucieuse de préserver ses finances et de sauver le sort moral de ses serviteurs que de réparer les grandes souffrances infligées aux victimes de leurs violences sexuelles. C'est pourquoi les membres de la première commission ont démissionné en bloc. Il y a une autre Commission qui s'est formée depuis lors mais je ne sais rien des travaux qu'elle réalise. D'ailleurs, son président n'a jamais pris contact avec moi pour savoir où en sont les dossiers qui restaient en souffrance sous ma présidence...


Vous avez l'air aigrie par cette expérience...

J'ai vraiment été écartée. On me taxait d'aller trop au fond des choses, de ne rien laisser tomber. Je demandais des renseignements trop précis sur les faits et leurs auteurs. D'où venaient-il, que faisaient-il, qui ils étaient. Étaient-ils encore sources de dangers potentiels ? J'ai eu l'occasion de travailler sur 33 dossiers en environ 10 ans mais assez rapidement, la commission a eu de plus en plus de difficultés à remplir sa tâche. Ils ne veulent pas savoir...La commission a été créée par Monseigneur Luystermans, ancien évêque à Gand. Il était un peu plus ouvert que les autres. Il travaillait à l'armée dans sa jeunesse et il disait que c'est là qu'il a découvert la vie. Les autres, ils rentrent au séminaire à 20 ou 22 ans. Qu'est-ce qu'ils connaissent de la vie?



Les indemnisations financières, c'était donc là le gros point d'achoppement ?

Il y a des dossiers, au début, du temps de Mgr Luystermans, qui ont fait l'objet de magnifiques indemnisations. Je faisais le calcul en fonction de mon expérience au civil et au pénal. Et c'est cela qui a déplu à certains dans l'église, de par mon expérience au tribunal, je m'y connaissais un petit peu en matière d'indemnisation. Pour certains l'Église est au dessus de tout le monde ! Par leurs vœux de chasteté, de pauvreté, d'obéissance, des religieux avec lesquels j'ai du débattre estiment qu'ils sont au dessus des communs des mortels. Et dès lors, ils ne sentent pas en devoir d'assumer leurs fautes. C'est ce qui a été défendu devant Monseigneur Harpigny par le Chanoine Quintiens, notamment. J'ai écris à l'évêque de Tournai pour marquer ma consternation, pour qu'il fasse une mise au point, mais il ne m'a jamais répondu... Ils ne répondent jamais aux questions qui les ennuient. Tant que Mgr Luystermans soutenait la commission, tout allait bien. Mais Malines a repris les choses en mains. A l'occasion de l'une des premières réunions de la commission, quelqu'un a objecté à propos des indemnisations : «Si l'Église doit indemniser pour tous les prêtres qui se sont rendus coupable de tels faits, alors qu'on sait qu'un religieux peut avoir fait trente ou quarante victime sur une vie, l'institution fait faillite». Voilà ce qui a été la réflexion. C'est un prêtre qui a fait cette réflexion, j'ai trouvé cela odieux. C'est un calcul financier qui est en œuvre dans ces dossiers car l'Eglise n'a soi-disant pas d'argent.



Quand les choses ont-elles commencé à bloquer ?

Je dirais dès 2004, 2005. Il y a des supérieurs qui ont considéré que la commission se comportait comme un tribunal. Ce qui n'est pas vrai du tout. On ne sait pas les punir. Mais croyez moi, si j'avais pu le faire, je les aurais tous envoyé en prison !



Que retenez-vous de vos contacts avec les victimes ?

J'ai vu des personnes qui étaient littéralement cassées. J'ai eu des entretiens difficiles, hésitants, bouleversant. J'ai entendu des témoignages effrayant. Par exemple, celui d'un un homme de 45 ans qui n'arrive pas encore aujourd'hui à vivre correctement à la suite des abus qu'il a connu alors qu'il était enfant. Cela laisse de traces. J'ai aussi le souvenir d'une dame de 70 ans, abusée dans son adolescence, qui s'en souvient encore avec effroi. Nous avons toujours travaillé avec beaucoup de précautions. On faisait toujours les auditions à deux, avec le professeur Christians de Louvain-la-Neuve. Pour les flamands, cela se faisait toujours avec un professeur honoraire de Gand. C'était comme une instruction. On entendait la victime d'abord. Ensuite, l'abuseur, s'il concédait à venir, ce qui était assez rare. Et ensuite d'éventuels témoins. Dans la pratique, il y des difficultés, comme par exemple de voir de suspects en compagnie d'un supérieur, ce qui ne garantissait pas une libre expression.



N'aurait-il pas été préférable que les auteurs que vous avez entendus ou sur lesquels vous avez enquêté aient eu à répondre de leur actes devant la justice des hommes ?

Il ne faut pas oublier que dans la plus grande partie des dossiers que j'ai eu à traiter, la prescription était atteinte au regard de la loi belge. Quand ce n'était pas le cas, je conseillais aux victimes de s'adresser à cette justice des hommes. Mais sinon, nous étions justement, en tous les cas c'est comme cela que je l'entendais, un recours idéal pour tout de même créer un sentiment de justice chez ces victimes. Il n'y a pas, en effet, de prescription au regard du droit canon. La plupart des personnes que nous avons reçues avaient plus de 40 ou 45 ans.



A l'arrivée, vous ressortez avec quel sentiment de cette expérience?

Je suis profondément blessée. Je continue à croire mais je ne vais plus à l'Église. Je trouve que tout ce que j'ai pu entendre est scandaleux. Il y a des choses que je ne digère pas. Pour l'Église, tout se résume à une question financière. Ni plus, ni moins ! En ce qui me concerne, j'avais proposé à Mgr Luysterman de créer un fond, comme en Irlande, qui permettrait d'indemniser les victimes. On m'a répondu qu'en Belgique cela ne fonctionnerait pas parce qu'il y a des institutions qui sont plus riches que d'autres, des paroisses plus riches que d'autres. A mon sens, l'église devrait rester aux côtés des victimes. Il est de son devoir de les aider tant du point de vue moral que financier... Vous comprenez que l'Église pour moi c'est fini après avoir vu tout cela. Cela ne veut pas dire que je ne crois plus en un être supérieur, mais cela est un autre débat.



Vous avez le sentiment qu'on s'est servi de vous ?

Plutôt celui qu'on a essayé. Peut-être se sont-ils dit que, provenant d'une famille très catholique, je serais très obéissante. Mais j'ai toujours voulu garder mon intégrité, mon indépendance, des valeurs qui ont été au centre de ma carrière d'avocate et de magistrate. On voulait que nous soyons un simple tampon entre la victime et la société. Des gens qui allaient calmer les choses pour éviter des scandales qui auraient pu éclabousser l'institution. Qu'on devait se contenter d'une simple écoute des victimes, suivie d'aucune autre mesure. Ce n'était pas suffisant à mes yeux. Il doit aussi y avoir de réparation. Sinon, cela me semble trop facile, je dirais même que cela me semble alors tout à fait immoral. Ne pas indemniser, c'est une manière de se soustraire à toute justice, à toute réparation dans le cadre des dossiers prescrits. "


The Commission initially headed by Ms. Halsberghe was the result of a tacit compromise between the Belgian clerical and judicial establishment over how best to cope with paedophile priests: through a body modelled on South Africa's Truth and Reconciliation Commission, as the church wanted, or through the courts

Now that the new Commission has resigned as a result of the police raid, some other body will have to be set up to deal with the matter of the victims.

If the complaint which led to the police raid was by Ms. Halsberghe, then perhaps the reason for the severity and over-reaction of the police measures(the search of two archbishops' tombs and the sequestering of top clerics, who were at a meeting in one of the buildings, inclluding the Pope`s Apostolic representative, for nine hours) is becoming comprehensible but still not excuseable.

No doubt further facts have still to emerge before the whole sad story comes out.